Après plusieurs jours d’accalmie, la violence est repartie de plus belle au Moyen-Orient. Dans la nuit du 28 au 29 juillet, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont mené des frappes conjointes en Irak contre des factions pro-iraniennes, faisant au moins 20 morts. Un épisode qui s’inscrit dans un engrenage plus large, déclenché depuis plusieurs mois entre Téhéran et ses adversaires.

l’illustration de l’escalade

Un engrenage qui remonte à plusieurs jours

Tout est parti d’attaques répétées contre des intérêts saoudiens. Selon Riyad, ses forces ont intercepté plusieurs drones visant des installations pétrolières dans l’est du royaume, attribuées à des groupes proches de l’Iran présents en Irak. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) affirme de son côté avoir recensé plus de trente attaques de drones en 72 heures contre des intérêts américains et saoudiens.

Les Houthis, alliés de l’Iran basés au Yémen, ont pour leur part revendiqué des tirs contre un pétrolier saoudien et annoncé un blocus visant les navires du royaume, ajoutant une pression supplémentaire sur le trafic maritime régional.

Les cibles : le Hachd al-Chaabi

Les frappes américano-saoudiennes ont visé des sites logistiques et d’armement utilisés par le Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires irakiens intégrée aux forces armées du pays. Créée en 2014 pour combattre le groupe État islamique, cette alliance rassemble aujourd’hui des factions majoritairement chiites, dont certaines entretiennent des liens étroits avec Téhéran. Les frappes les plus meurtrières ont eu lieu dans les provinces de Ninive et de Diyala. Le Hachd al-Chaabi dénonce des attaques « terroristes », tandis que la Résistance islamique en Irak, autre coalition pro-iranienne, nie toute implication dans les attaques initiales et pointe plutôt du doigt les Houthis.

L’Iran entre également dans la boucle

Le Centcom affirme avoir intercepté des missiles balistiques tirés par l’Iran dans le cadre d’une tentative d’attaque contre les forces américaines dans la région, sans préciser la localisation exacte. Téhéran n’a pas confirmé ces tirs. Washington a averti que toute nouvelle attaque contre ses troupes ou contre les infrastructures énergétiques saoudiennes exposerait l’Iran et ses alliés à de nouvelles représailles.

Une escalade qui dépasse le seul cadre irakien

Ces frappes s’inscrivent dans un conflit plus large qui oppose depuis février l’Iran à une coalition menée par les États-Unis, Israël et plusieurs partenaires du Golfe, sur fond de tensions autour du programme nucléaire iranien et de sanctions économiques. Le regain de violence de cette semaine a immédiatement fait grimper les cours du pétrole : le baril de référence nord-américain a bondi de plus de 4 % en quelques heures, traduisant les craintes des marchés sur une possible perturbation durable des approvisionnements dans la région.

Le gouvernement irakien, pris entre les pressions de ses voisins et la présence sur son sol de groupes armés qu’il ne contrôle pas totalement, a annoncé l’ouverture d’une enquête. Reste à savoir si cette séquence marque un nouveau pic ponctuel, ou le début d’une phase plus durable de confrontation directe entre l’Iran et ses adversaire


Orbily.fr — Monde

Laisser un commentaire

Trending

En savoir plus sur Orbily.FR

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture